28 février 2009
Deux articles du Monde
A lire attentivement, c'est très intéressant :
Bonne lecture.
Il y a 3 ans…
Aujourd’hui est une date importante, je dirais même primordiale dans ma vie. En effet, il y a 3 ans jour pour jour, je me suis jetée dans la vie comme je me serais jetée dans un océan glacial, sans savoir nager et avec pour uniques bouées, la peur et le désespoir. Il y a 3 ans, j’ai assisté à ma propre renaissance…
Mais avant toute chose, je voudrais vous dire que cette lettre a un double objectif :
• un témoignage d’abord pour que celles qui endurent ce que j’ai vécu sachent que rien n’est définitif, aucune vie n’est tracée à l’avance d’une manière rectiligne. Nous avons toutes la capacité de prendre notre destin en main.
• Ensuite, ce texte est également un hommage, un remerciement à celui qui m’a porté à bout de bras et soutenu pendant les 3 dernières années.
Vous en conviendrez avec moi, mais il n’existe pas de matin, où en ouvrant notre journal, en écoutant les médias, nous n’ayons pas le résumé d’un événement en rapport avec la violence, et en particulier de violence conjugale. Le foyer, le lieu dans lequel une femme devrait se sentir le plus en sécurité, devient pour certaines d’entre elles une prison dans laquelle la brutalité est le seul moyen de communication, et cela peut les mener parfois jusqu’à la mort. Personne n’ignore cet état de fait, les campagnes gouvernementales et associatives sont assez nombreuses et explicites pour nous le faire savoir. Mais il existe un autre type de violence dont les traces ne sont pas visibles à l’œil nu, une violence plus insidieuse, sournoise et qui est le plus souvent impossible à prouver : la violence morale. C’est celle-là que j’ai vécu pendant 12 ans, et depuis que je suis partie j’ai pu constater qu’un grand nombre de femmes sont ou ont été dans le même cas que moi.
Comment vous expliquer, ce que peut être la vie dans ces circonstances ? C’est tellement difficile ; mais je vais essayer du mieux que je peux. En fait ce n’est pas une situation qui s’installe du jour au lendemain, ça se fait par petites touches, en douceur, sur plusieurs sujets à la fois. D’abord il y a l’isolement, les ami(e)s (jamais assez biens ou assez intéressants), la famille (mais on n’a pas le temps d’y aller, ou de les recevoir), sans que je m’en rende compte mes relations ont cessé de m’appeler, de me donner des nouvelles, évidemment après c’était « je te l’avais bien dit, tu vois bien que tu ne les intéressais pas… », et un jour je me suis rendue compte que ceux qui venaient nous voir étaient ses anciennes relations, que ce soit amis ou famille. Heureusement il me restait encore les copines de quartier, mes collègues de travail, les autres mamans, mais ça aussi il a finit par s’en occuper. Ensuite, il s’est attaqué à l’érosion totale de ma personnalité, un dénigrement systématique de tous mes actes passés, présents ou futurs. Imaginez une vie, où du matin au soir, 365 jours par an, vous ne vivez que dans la peur permanente de ne pas assez bien faire, d’oublier le petit détail, qui fera de votre journée un enfer, et cela tout en sachant que quoique que vous fassiez ou disiez, ça ne sera jamais parfait comme lui le veut, jamais. Car personne, absolument personne ne peut atteindre la perfection, et cela en dépit de l’énergie dépensée sur ce seul objectif : passer une journée sans cris, sans disputes et sans pleurs. Voilà, quelle a été mon ambition de vie pendant 12 ans : une journée calme ! Et quelle victoire, lorsque j’y arrivais, quel bonheur le soir quand je me couchais après une telle journée, en revanche, la pire des frustrations (en tout cas pour moi), c’était d’entamer la soirée en me disant que c’était gagné, je relâchais mon attention et c’était la catastrophe.
Il faut savoir que le travail de sape est permanent, le but est de « casser » la personne qui est en face et dans cet objectif l’arsenal mis en place est impressionnant pour bien faire passer le message, tu es incapable, moche, inintéressante, inutile et si jamais dans un sursaut de révolte nous tentons de nous défendre, c’est toujours de notre faute ce qui arrive (les insultes c’est de l’humour, c’est pour ton bien que je dis ça, tout le monde pense comme moi…) et au pire il appelle la belle-famille en soutien.
Comme beaucoup dans ce cas là, vous allez me dire pourquoi être restée alors ? Tout simplement car les choses arrivent trop progressivement pour se rendre compte de suite de ce qui arrive. Lorsque j’ai commencé à prendre conscience de ce qui se passait, j’étais déjà tellement démolie au niveau psychologique que j’en étais arrivé à croire vraiment tout ce qu’il disait : je n’étais capable que de « torcher les gniards » et tenir un balai, je n’étais pas capable d’avoir des amis, j’étais une « grosse vache », « bonne à rien et mauvaise en tout » etc… Vers la fin, il tentait même de me faire croire que j’avais un problème et je devais me faire soigner. En plus, j’avais mes enfants, je voulais qu’ils vivent avec leurs deux parents réunis, et puis tout simplement je tenais à mon mari et à mon couple, je croyais toujours en une possibilité que tout s’arrange si je faisais assez d’efforts pour ça. Au final, j’étais totalement sous emprise et je n’avais plus le recul nécessaire pour savoir ce qui était bon pour moi ou pour mes enfants. Pour que j’arrive à sortir de cet engrenage, il m’aura fallu toute une série d’électrochocs (démission d’un travail que j’aimais, déménagement dans un endroit où je n’étais entourée que de son « clan », et finalement les morts à 6 mois d’intervalle de mon père et de mon frère). C’est ainsi que le 28 février 2006, je me suis sauvée de chez moi en emmenant mes 2 enfants, 3 valises et 2 cartables ; un véritable plongeon dans l’incertitude…
Mais, et c’est là que j’en arrive à mon second point, j’ai eu beaucoup de chance : j’avais un ami, un vrai. Le genre d’ami avec lequel il n’y a pas besoin de mots pour se comprendre, un simple regard suffit. Cet ami a été mon voisin pendant 8 ans, jusqu’à ce que je déménage en Bretagne. Mon ex ayant tout fait pour que je rompe le contact avec mes amies femmes, car il pensait qu’elles avaient une influence néfaste sur moi (il est sûr que tous m’avaient déconseillé ce départ prés de ma belle-famille, alors que lui continuerait à vivre à Paris et ne viendrait que les jours de repos), je n’ai finalement gardé le contact qu’avec cet ami. Peu à peu, mon extrême solitude conjuguée aux crises de colère augmentant en intensité à chacun des retours de mon mari en Bretagne, j’ai fini par raconter en détail ce qu’était ma vie. Il m’a écouté pendant des heures, mais pas seulement, il s’est renseigné auprès d’associations : c’est lui qui pour la première fois a mis un mot sur ce que je vivais chaque jour. Il a cherché des numéros de téléphone, m’a poussé à en parler à ma famille, m’a persuadé que je n’étais coupable de rien et m’a soutenu lorsque la situation s’est de plus en plus dégradée. Il a même essayé de discuter avec le père de mes enfants, de lui dire que j’allais mal : rien n’y a fait. Et finalement il m’a conseillé de partir lorsque la situation s’est dégradé au point qu’il a fallut l’intervention des gendarmes. Le 28 février 2006, il avait tout organisé avec mes cousines, mes amies de quartier, il avait prévenu tout le monde et lorsque je suis arrivée à Paris ce jour-là : tout le monde m’attendait. Contrairement à ce que j’avais toujours cru, je n’étais pas seule et c’est ce qui m’a sauvé. Car la pire des choses que vivent les femmes dans cette situation, c’est le manque de soutien et de réseau social, elles perdent tous leurs repères, et elles n’ont personne pour leur en redonner, ce qui fait que souvent on les voit retourner au bercail. Car il ne faut pas croire que partir soit le plus difficile à vivre, non, le plus dur c’est ce qui arrive après.
En effet, il faut savoir qu’en partant j’ai perdu tout ce que j’avais : ma maison et tout ce que je possédais (12 ans de vie, sans compter mes souvenirs d’enfance), mon travail, mon chat (mais il avait déjà été annexé par ma belle-famille), et même des amis. Il a fallu faire mon deuil de tout cela. Mais le plus grave, ce qui m’a mené au fond du gouffre, c’est que j’ai failli perdre mon grand garçon, il s’en est fallu de peu pour que je ne le revois plus jamais. Face à sa détresse je l’avais confié à son père pensant faire pour le mieux. Celui-ci l’a emmené chez ses propres parents, et je n’ai revu mon enfant que 11 mois plus tard, pour finalement le reprendre avec moi 5 mois après, soit 16 mois loin de mon bébé. Il faut être honnête, je me suis littéralement laissée couler. Je suis devenue incapable de faire quoique ce soit et c’est là que mon ami est intervenu, il venait de retrouver un travail avec des horaires décalés, donc il partait bosser, il rentrait, faisait les courses, le ménage, passer des heures à me consoler, et à consoler le plus jeune. J’étais juste capable de m’occuper de Thomas, et d’aller travailler (je refusais de profiter de Bruno). Mais j’ai du démissionner et en attendant de reprendre mon activité d’assistante maternelle, c’est lui qui a tout financer. C’est lui qui a trouvé une avocate digne de ce nom alors que j’étais prête à signer n’importe quoi, il m’a accompagné chez ma thérapeute, il a tout géré pendant des mois, et cela pourquoi ? Par amour tout simplement, car j’ai eu la chance d’être aidée par un homme qui m’aimait. En ce jour anniversaire, cette lettre est un remerciement, non seulement pour toute l’aide qu’il m’a apporté, mais surtout pour cet amour extraordinaire qu’il m’a offert, alors que j’étais dans la pire des situations financière, psychologique et judiciaire. Il n’a pas eu peur, il ne les a pas crus, il les a même empêché de m’emmener lorsqu’ils sont venus en « famille » me chercher, il leur a rabattu leur caquet et tout cela avec un calme olympien. J’ai vraiment eu de la chance le jour où il a emménagé dans l’appartement d’â côté de chez moi…
Maintenant, où j’en suis ? J’ai retrouvé une partie de ma confiance en moi, ce qui m’a permis de me lancer dans de nouveaux projets de vie. D’abord, mon grand rêve d’enfance qui était de partir un jour vivre sur une île (et Bruno a tout lâché pour me suivre). Ensuite au niveau professionnel car j’ai repris mes études afin de devenir psychothérapeute (là encore Bruno me soutient à fond). Et puis, comme je rattrape tout ce temps perdu à ne pouvoir m’exprimer, je fourmille d’idées et de projets qui vont dans tous les sens et qu’il faut évidemment que j’apprenne à trier (crèche, écriture, photos, association…). Ce qui est sûr, et cela depuis que j’ai pris conscience du nombre de femmes dans ma situation, c’est que je veux à mon tour leur apporter mon aide. Je ne sais pas encore exactement sous quelle forme (je suis preneuse d’idée d’ailleurs), mais je veux que mon expérience serve à d’autres…
Joyeux Anniversaire à Nous !
3 ans déjà ...
Mais ce n'est que le début
d'une très longue série !
27 février 2009
Un accord salarial a été signé...
Malheureusement il ne concerne que 15 000 salariés, car toutes les associations patronales n'étaient pas présentes lors des négociations cette nuit. Donc pour les salaires :
jusqu'à 1,4 smic : 200 euros nets d'augmentation
jusqu'à 1,6 smic : 6 % d'augmentation
au dessus : 3 % d'augmentation
Est-ce que c'est le signe d'une fin prochaine de la crise ? Honnêtement je n'en sais rien, vu que tout le monde n'a pas signé et qu'il reste d'autres points dits prioritaires, sans compter le paiement des jours de grève... Mais restons optimistes sur l'avenir (sourires)...
23 février 2009
Coup de gueule ...
Aujourd’hui, tous les partis politiques de France et de Navarre se sont exprimés sur la Guadeloupe et la grève qui secoue l’île depuis plus d’un mois. Les partis de gauche ne manquent de reprocher au gouvernement d’avoir voulu nier le problème et d’avoir tenté le pourrissement du conflit.
Il y a des jours où je me demande si les politiciens ne nous prennent pas ouvertement pour des cons. En effet, s’il est vrai que le comportement de l’Etat peut porter à critique, celui des partis de gauche aussi. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne les a pas beaucoup entendu durant les 15 premiers jours. Eux aussi n’en avaient rien à faire de la Guadeloupe à l’époque. Je pense plus particulièrement au parti socialiste mais aussi au MoDem. L’extrême gauche elle était en pleine restructuration interne. Les donneurs de leçons feraient bien de se regarder dans un miroir avant de venir faire les fanfarons sur le terrain pour amuser la galerie médiatique.
Nous voilà en effet revenu au bon vieux jeu politicien ou la démagogie et le populisme (qui vont souvent ensemble) sont de mises. Pourtant, les socialistes ont des élus bien placés sur le terrain, au conseil régional, à savoir Victorin Lurel. Il est le président du conseil régional et aussi député. Le PS a cependant raté le coche et ne s’est emparé du dossier que bien après le début de la grève. Son temps de réaction aurait-il été aussi long se cela avait été au Pas De Calais ? Ce qui vaut pour les médias s’applique aussi pleinement aux politiques. Les socialistes critiquent beaucoup aujourd’hui mais je n’ai toujours pas entendu leurs solutions pour régler le problème. Ca critique dur mais ça ne propose rien. Dans ce cas, je crois qu’ils feraient mieux de se taire.
Et la droite me direz-vous ? Et bien justement parlons-en ? Que dire ? Que dire du silence assourdissant d’un président ultra-médiatique, qui en temps normal n’hésite pas à donner son avis sur tout et sur rien, à se déplacer pour aller régler le problème lui-même sur place. Un mois de grève totale pour que le petit Napoléon daigne aborder le sujet. Que de mépris dans ce silence. Et l’UMP ? Hein ? Que dire aussi de tous ces députés pour qui seul ce qui se passe en métropole compte. Pourtant, il y a aussi des députés UMP en Guadeloupe. Comment expliquer un tel blackout ? Y aurait-il des sujets tabous qu’il ne faut surtout pas aborder sans prendre le risque de se faire démonter la tête dans la seconde qui suit ?
Personnellement, le discours du « petit » ne m’a absolument pas convaincu. A un problème de pouvoir d’achat et d’absence totale de concurrence, il répond par des modifications de statut des îles. C’est vraiment prendre les gens pour des cons. On veut pouvoir acheter de quoi manger et il nous parle d’autonomie voir d’indépendance. C’est du n’importe quoi. Certes, le gouvernement a annoncé un certain nombre de mesures pour augmenter le pouvoir d’achat mais franchement, ne serait il pas plus simple de restaurer la concurrence pour faire baisser les prix plutôt que de chercher des solutions compliquées pour augmenter les salaires ? Certaines familles de békés sont ici en situation de monopole absolu. Mais l’Etat ne veut surtout rien faire qui pourrait fâcher ces familles alors on cherche des solutions de merde pour faire croire au peuple qu’on l’a compris et que l’on veut l’aider. Les aides de l’Etat ne seront valables que 2 ans à compter de maintenant. Certaines des mesures ne pouvant pas être mise en route avant la fin de l’année, l’aide durera en fait un an et après ? Le LKP réclame une augmentation de salaire, le patronat et l’Etat répondent prime ponctuelle avec un montage financier complètement tortueux. Je ne suis même pas sûr que les petites entreprises, qui représentent quand même l’essentiel des salariés puissent comprendre le processus.
Mais revenons à nos moutons ou plus exactement à nos chers élus. Depuis plusieurs jours, ils s’étripent sur la Guadeloupe. C’est à celui qui hurlera le plus fort. L’île devient un enjeu politique ou plus exactement un sujet comme un autre permettant à ces messieurs et dames de Paris de faire leur cirque de politique politicienne dans le seul objectif de faire parler d’eux. Nous voila pris en otage dans un jeu purement parisien ou nous n’avons rien à gagner. A part l’extrême gauche qui semble vouloir s’inspirer du concept pour faire la même chose en métropole, les autres politiques ne font que parler haut, brasser de l’air pour attirer les médias sur leur pitoyable personne et rappeler ainsi au peuple qu’ils existent.
A suivre …
Un autre concours...
Suite au conseil éclairé de Valé (et lorsqu'on voit les petites étincelles dans ses yeux, on peut vraiment prononcé le mot éclairé), je suis allé fait un petit tour sur le blog de Parfum du Ciel (la traduction de son nom en viétnamien). Elle fait des vêtements magnifiques, originaux et surtout uniques.
Pour le premier anniversaire de son blog elle organise un petit concours afin de gagner un sarouel fait entiérement sur mesure, donc je vous conseille de faire un petit tour ici, d'admirer et pourquoi pas de vous inscrire...

La presse et les pressions...
Il y quelques temps je vous avais parlé du journaliste Thierry Fundéré, j'ai trouvé cet article dans le monde ce matin qui explique quelles sont les pressions subies...
"La crise en Guadeloupe met les médias de l'île sous tension
LE MONDE | 23.02.09 | 14h42 • Mis à jour le 23.02.09 | 15h36
POINTE-À-PITRE ENVOYÉE SPÉCIALE
Les médias les plus populaires en Guadeloupe, tels Radio Caraïbes international (RCI) et la chaîne de télévision Canal 10, sont sous haute surveillance depuis le début de la crise, le 20 janvier. "On ne peut pas mettre notre blé dans une radio où un mec nous flingue tous les jours à une heure de grande écoute", dit ce patron, sous couvert d'anonymat. Ulcéré par les éditoriaux de Thierry Fundéré, rédacteur en chef de RCI, jugé trop favorable au mouvement social, il ne fait que refléter l'opinion de ses pairs sur l'île. RCI est écoutée par près d'un Guadeloupéen sur deux.
Des chefs d'entreprise influents ont donc demandé la tête du rebelle et ont menacé de supprimer leurs budgets de publicité. Le 12 février, la rédaction s'est mise en grève partielle en signe de protestation. Franck Férandier-Sicard, le directeur de la station, assure qu'il n'a "jamais été question de licencier M. Fundéré", et promet qu'il n'a "aucune preuve établie de suppression de campagne publicitaire" pour raisons éditoriales. Il admet cependant avoir eu "des conversations" avec des chefs d'entreprise sur la couverture de la radio qui faisait "une large place aux manifestations".
Réinterrogé le 19 février, le directeur de la station avoue que la publicité se monte à "dix balles par ci par là, rien, insignifiant - il forme un zéro avec le pouce et l'index - alors qu'on travaille comme des fous." Il jure que la grève est la seule responsable.
L'audience de RCI s'est construite après le cyclone Hugo en 1989. Seule à émettre pendant un mois, elle a assuré le lien social. "On a gardé ce lien indéfectible et le peuple nous le rend", dit Thierry Fundéré, 36 ans. Le matin, "Tonton Michel" recueille les annonces des auditeurs : "Je cherche des ménages, et garder des enfants", "la personne qui a appelé hier pour les poules peut-elle me rappeler ?", "Je vends un moteur de bateau tout neuf", "Roselyne, à Gosier, n'a plus de lait pour ses enfants", etc. Le soir, place à la politique, sans exclusive d'opinion. Les interventions sont souvent enflammées. Quant à la radio - elle compte 39 salariés -, elle n'est adossée à aucun grand groupe.
La télévision Canal 10 émet, elle, "24 heures sur 24 depuis 24 ans, sauf pendant les cyclones", dit son fondateur, Michel Rodriguez. "On n'achète rien. On produit tout. En hertzien, sur le câble, sur le satellite, sur Internet et sur 3G", ajoute-t-il. Un réseau d'informateurs bien rodé, des reportages, des plateaux parfois improvisés : Canal 10 est un happening permanent. Le jour où Elie Domota, porte-parole du LKP, le Collectif contre la "pwofitasyon", a annoncé à l'antenne que "si l'on touchait à un seul cheveu d'un membre du LKP il y aurait des morts", les gendarmes ont rappliqué dare-dare.
Ils ont saisi la cassette et demandé à Michel Rodriguez et Yvelise Boisset, la journaliste qui avait interrogé le leader syndical, de les suivre au poste. Ils ont interrogé cette dernière pendant deux heures. "Comme l'émission était globalement en créole, ils ont fait appel à des interprètes", raconte Mme Boisset. "Ils voulaient savoir ce que je pensais de M. Domota, pourquoi j'avais posé telle ou telle question, ce qu'il pensait, lui, au fond", précise-t-elle. Elle ne s'est pas démontée et a répondu qu'elle ne pensait pas à la place de ses invités. Et quand il lui a fallu signer un papier assurant qu'elle se tenait "à la disposition" des gendarmes, elle a refusé, en "Gwadloupéyen doubout".
Béatrice Gurrey"
22 février 2009
The Runaways
Vous ne connaissez sans doute pas ce groupe de Hard-Rock des années 70. Moi, jeune ado à l'époque j'en été dingue. J'avais des posters sur tous les murs de ma chambre. Leurs mélodies avaient quasiment disparu de ma mémoire. Depuis 2 jours, j'ai réussi à remettre la main sur leurs albums. C'est plein de souvenirs qui refont subitement surface et c'est que du bonheur.
Pour info : The Runaways
21 février 2009
Petit concours...

Comment vous le trouver ? Il est sympa non ? Alors s'il vous intéresse vous le trouverez sur le site de Tica, qui à l'occasion de l'ouverture de sa petite boutique sur le net organise un concours ouvert à tout le monde...
Bonne chance !
Reprise des négociations et retour au calme...
Depuis l'allocution de M. Sarkozy, un calme relatif s'est posé sur notre île, en effet les négociations ont repris entre le LKP et le patronnat sous l'égide des médiateurs de l'état. La prochaine réunion aura lieu lundi, en sachant que la journée de demain sera celle des obséques de M. Jacque Bino (le syndicaliste tué en revenant d'un meeting). Nous sommes entrés dans notre second mois de grève (même si depuis aujourd'hui les enfants sont officiellement en vacances) et le blocage se situe toujours au même point : l'augmentation des bas-salaires. Je vous mets un article de Libération.fr qui présente plutôt bien l'endroit où le bât blesse.
"Guadeloupe : scepticisme face à la potion de l’Elysée
Outre-mer . Le dispositif de hausse salariale a tout d’une usine à gaz
NATHALIE RAULIN
La Guadeloupe entre dans son deuxième mois de grève générale. Si, après une semaine de pillage et de violence dans l’île, les annonces de Nicolas Sarkozy en faveur de l’outre-mer ont permis de renouer vendredi soir le dialogue entre les organisations patronales, le collectif contre l’exploitation (LKP) et les deux médiateurs du gouvernement, la sortie de crise n’est pas encore en vue. «Les propositions du Président sont particulièrement floues», a estimé le leader du LKP, Elie Domota. Un scepticisme partagé par les syndicats.
Prudence. La CGT rappelle que «la plupart des annonces» de Nicolas Sarkozy «ne sont pas des nouveautés : elles ramènent le curseur aux dernières négociations avant que le secrétaire d’Etat aux DOM TOM ne quitte précipitamment la Guadeloupe». Plus positive, FO parle d’une «étape dont les responsables syndicaux antillais auront à estimer si elles sont de nature à satisfaire les revendications». De son côté, la CFTC applaudit le «premier pas» du gouvernement mais espère «qu’il sera suivi d’autres avancées, en particulier de la part des employeurs».
Une prudence compréhensible. Après négociations avec les différentes organisations patronales de l’île, les médiateurs du gouvernement ont mis sur la table une proposition qui a tout de l’usine à gaz. L’effort patronal consisterait à verser aux salariés rémunérés entre 1 et 1,4 smic une prime exceptionnelle s’échelonnant entre 35 et 120 euros, suivant la taille de l’entreprise, sa capacité et sa branche d’activité. De son côté, l’Etat s’engagerait à exonérer cette prime de charges sociales (à l’exception de la CSG et de la CRDS) mais durant seulement deux ans. «L’importance et la pérennité de la prime dépendront de la négociation collective», admet Matignon. Quoi qu’il en soit, on est loin de la revendication portée depuis le début du conflit par le collectif LKP d’une augmentation de 200 euros des plus bas salaires. Pour ramener les leaders du LKP autour de la table, les médiateurs ont donc recours au revenu de solidarité active (RSA).
Selon leurs calculs, en excluant la prime exceptionnelle de son assiette et en élargissant ses conditions d’éligibilité outre-mer, le RSA permettrait d’aboutir à cette augmentation «proche de 200 euros», vantée par François Fillon.
Mesure. Un enthousiasme qui mérite bémols. Primo, faute pour les caisses d’allocations familiales locales d’être techniquement au point, ce RSA revisité ne sera opérationnel outre-mer que fin 2009, au plus tôt. Du coup, le cumul de la prime déchargée et du RSA ne serait possible que pendant un an. Surtout, même élargi, le RSA ne concerne a priori que les personnes payées en deçà du smic… Pour faire bonne mesure, les médiateurs proposent en sus de rendre possible le «cumul total» entre le RSA et la prime pour l’emploi… Las ! Pour atteindre une hausse mensuelle de revenu «proche de 200 euros» (même en 2010), il leur faut tabler sur un effort patronal maximum (une prime de 120 euros). Conscient du problème, le premier ministre a dit vendredi attendre que le patronat «fasse des propositions d’augmentation de salaire» sans quoi «la crise ne serait pas résolue»."
PS : je viens de l'apprendre à l'instant, un motard de 23 ans est décédé cette nuit, suite à une collision avec un barrage vers Saint-François. Il ne l'aurait pas vu à temps et ne portait pas de casque.