30 mars 2009
Et 1, et 2, et 3, zéro...
Non, non, nous n'avons pas joué au foot, mais à la belote avec Franck et Corinne, et c'est le résultat que les zhoms nous ont infligés (je ne sais pas, par quel miracle d'ailleurs...). Donc la journée de dimanche a été consacrée aux jeux de sociétés : monopoly pour les 5 enfants et cartes pour les 4 adultes. Cela faisait un moment que je n'avais plus joué aux cartes (en fait depuis le départ de Nicole, Jean-Pierre et Maman) et c'était vraiment super sympa, la revanche est même prévue samedi prochain.
Mais je ne vous ai pas dit pourquoi ils étaient là, en fait vendredi dernier Alexandre leur fils ainé a passé le cap des 14 ans ! Ils sont donc venus avec un superbe gâteau (ganache chocolat, mousse au café et mousse cassis-framboise) afin de fêter dignement cette étape. Le reste du repas était tout aussi sympa, avec un poulet basquaise délicieux (petite précision pour ceux qui penseraient que les miracles existent sur terre : c'est Franck qui a tout cuisiné et pas moi !). Bon nous remettons ça samedi prochain chez eux, et ce coup-ci, ça sera pour les 14 ans de... Sébastien !
PS : pour les photos, comme d'habitude c'est mon chéri qui va s'en occuper...







25 mars 2009
Une journée bien remplie
Comme vous l'avez peut-être remarqué, ça fait un petit moment que je n'ai pas écrit sur le blog. En fait, je me suis retrouvée dans une situtation où je n'avais rien à faire (ce qui semble plutôt paradoxal je l'admets). Le probléme lorsque je m'ennuie, c'est que je n'ai aucune motivation pour faire quelque chose, je me sens vide (je ne parle pas de la cuisine et du ménage bien sûr). Donc là j'attendais la note de mon dernier devoir de psycho (ce qui a tendance à me stresser à chaque fois), le cours et le devoir suivant, ainsi que des documents pour un autre projet. Tous les jours je guettais la factrice comme si ma vie en dépendait (heureusement je lui avais expliqué pourquoi...). Donc tous les matins, depuis 15 jours, j'attends son passage avec impatience, et tout est arrivé hier alors que je n'étais pas là évidemment (autrement ce n'est pas drôle).
En effet un élève de la classe de Sébastien a volé le téléphone portable de leur professeur de sport, donc tous les parents étaient convoqué à 8 heures du matin. Malheureusement il n' y avait, en tout et pour tout qu'une dizaine de parents sur une classe de 22 élèves : ils ont donné au "coupable" jusqu'à vendredi pour ramener le téléphone ou venir se dénoncer, autrement ce sera punition collective (perso j'ai des doutes sur le résultat positif de la démarche, mais bon...). Comme nous n'avons toujours pas de moyens de locomotion, que le collége est à 45 minutes de marche, et que je suis parfois du genre opportuniste, nous en avons profité pour discuter un peu avec la CPE, avec la prof d'anglais de Seb, et nous sommes rentrés à la maison en passant entre les gouttes. Et c'est là que j'ai retrouvé tout le courrier que j'attendais, qu'heureusement ma voisine avait pris, car il ne rentrait pas dans la boîte aux lettres (je crois que si j'avais trouvé un petit papier me disant de le récuperer à la poste, ç'aurait été le drame existentiel grave...). Finalement, tout est arrivé en même temps et j'ai du boulot pour au moins 2 mois (sourire).
Mais la journée ne faisait que commencer, car Christelle et son asticot (voir le blog de chouchou) sont arrivés, avec plein de bons gâteaux pour le dessert. Comme il faisait un peu gris nous ne sommes pas allés à la plage, mais nous avons discuté, discuté, discuté (bon nous en avons quand même profité pour boire l'apéro et déjeuner), ensuite Valé est arrivé (vous connaissez son blog depuis le temps) et nous avons discuté, discuté, discuté... Enzo et Swan s'entendent comme larrons en foire (les chats en ont fait les frais d'ailleurs), et même s'il y eu quelques petites chamailleries (histoires de tétines et de doudous) ils se sont trés bien amusés : de véritables petits anges. Mais bon, ce n'est peut-être pas le point de vue des matous, c'est juste le mien...
En tout cas, je vous le dis (et le zhom avec moi), il faudra recommencer...



Tout le monde est rentré de l'école !




Aujourd'hui, je vais me mettre au boulot, en sachant que les garçons mangent chez Valé. Il faut dire qu'elle les achéte avec sa cuisine, puisque ses repas "simples" à elle correspondent à mes repas "perfectionnés" à moi (dixit mes ados que j'adore). De toute façons je m'en fiche, car les siens adooorent (expression préférée d'India) mes pâtes-gruyére-ketchup. Na !!!!
18 mars 2009
Tag littéraire
Comme la rédaction des articles s'est un peu ralentie depuis la quelques temps, Géraldine a eu l'idée d'un nouveau tag. Le principe est le suivant :
prendre une photo de ton marque-page
dire une petite bafouille sur son origine
mettre le lien de celui (ou celle) qui vous a taggé
tagger 3 autres personnes...

Alors ce petit marque-page, qui est aimanté afin de ne pas risquer de glisser du livre, m'a été offert par mon zhom. En effet, il en avait marre que je prenne tout ce qui me tombait sous la main pour garder les pages de mes livres (courrier, carnet de chèque, carte d'identité ou même argent...). Il a été dans une librairie et m'a acheté un vrai marque-page...
Mais, il y toujours un mais, comme je lis plusieurs livres en même temps, j'utilise donc ce super joli et plein d'amour marque-page, et en plus j'ai un ticket de caisse, et l'un des petits papiers donnés par l'auto-école pour s'entraîner au code (mais surtout ne lui dites pas, ça reste entre nous !)
Et je tagge :
12 mars 2009
Matérialisme et société de consommation...
Un titre qui vaut tout un programme n'est-ce-pas ? En effet, si l'on en croit les articles récurrents des journaux, magazines ou reportages télévisés, la société de consommation serait le mal de notre époque moderne et matérialiste. Tentations multiples, frustrations incontournables, addictions de toute sorte avec toutes les dérives que cela impliquent forcément. Donc, l'époque est au retour vers une certaine spiritualité, un savoir "être" plutôt qu'une course à l'"avoir". D'ailleurs je suis tout à fait d'accord avec ce principe, que j'essaie d'inculquer le mieux possible à mes enfants. Je vous laisse imaginer comme c'est simple avec des pré-ados en délire, quoique j'ai trouvé un allié de taille dans le systéme des uniformes au collége. Et je dois reconnaître que c'est quand même plus simple à expliquer ici qu'à Paris, où il suffit de mettre un pied dehors pour être entouré de tous les boutiques possibles et imaginables (sourire). Donc le bilan est plutôt positif depuis que nous sommes en Guadeloupe.
Mais (il fallait bien un mais), il existe un symbole de cette société de consommation honnie dont je ne pourrais jamais (et quand je dis jamais, c'est vraiment jamais) me passer. Une toute petite chose, rectangulaire, fine qui tient dans la poche, je veux parler de ma carte bleue bien sûr.
Pour cause de grève et donc de probléme de courrier entre ici et la métropole, elle a été bloquée pendant 15 jours, et n'est réactivée que depuis ce soir et vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien de faire partie d'une société de consommation (lol). D'un seul coup me voici bassement matérialiste, ne rêvant que de magasins et de boutiques. Bon d'accord, je me contenterais largement de ED ou de Leader Price, de lait, d'oeufs et pourquoi pas (soyons fous) de charcuterie et produits frais, mais demain je vais faire du ravitaillement et me laisser aller à une addiction certaine de fashion-victime du secteur de l'alimentaire... (je sens que ça va être trop bon !!!!!)
5 jours sans écrire...
C'est vrai que contrairement à nos habitudes ça fait long (sourires). En fait j'ai eu une baisse d'énergie trés significative et relativement normale vu les derniers événements.
Depuis le 20 janvier, nous n'avons quasiment vécu qu'au rythme de la grève : déjà se lever tous les matins en se demandant si c'était terminé (au début j'y croyais vraiment), écouter les infos, regarder les journaux sur le net, aller sur les forums etc...
Sans compter le côté pratique : coupures d'eau, ravitaillement, s'inquiéter pour l'école, les poubelles, le courrier, la banque, la liste est longue...
Et bien sûr, je n'oublie pas notre sentiment de révolte face au désintérêt des journalistes, politiques et certains métropolitains face à l'actualité (quoique si je veux vraiment être précise, ce n'est pas tant le désintérêt que la désinformation qui nous a fait sortir de nos gonds)...
Maintenant le résultat est là (je m'y attendais d'ailleurs), une impression de vide absolu (en plus les garçons étant retourné au collége, la maison parait également vide lol). Comme en plus, je viens de terminer mon dernier devoir de psycho, et que j'attends ma note et le prochain devoir, je me retrouve un peu "inactive". Bon j'ai d'autres projets en route, mais là ils sont tous en "stand-by" en même temps.
Et voilà comment je me retrouve d'un seul coup totalement épuisée de "ne rien avoir à faire", mais bon ça va vite redémarrer, et comme d'habitude je râlerais de ne pas avoir des journées assez longue pour tout faire (sourires)...
06 mars 2009
Pour le plaisir...
Trouvé sur le blog de Valé, qui l'a pris sur le blog de Val : allez-y !
Vous avez 40 ans et 73 jours
Vous êtes née un lundi
dans une froide journée d'hiver
Depuis votre naissance se sont écoulés: 14683 jours
Depuis votre naissance se sont écoulés: 483 mois
Depuis votre naissance se sont écoulés: 2097 semaines
Vous fêterez votre anniversaire dans: 292 jours
Votre signe du zodiaque chinois: Singe
Votre signe du zodiaque : Capricorne
Votre planète : Saturne
Votre couleur : Gris foncé
Votre pierre : Onyx
Votre chiffre de naissance : 5
La signification de votre chiffre de naissance
Changements, voyages, déménagements, nouveautés… tout survient grâce à la chance. Il pourrait s’avérer bénéfique pour vous de tenter plusieurs chemins en même temps et si certains d’entre eux ne mènent à rien, ne vous laissez pas abattre : n’oubliez pas que la chance vous sourira un jour prochain.
Le diagnostic de votre vie précédente :
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais vous étiez un homme dans votre dernière incarnation terrestre. Vous êtes né quelque part dans le territoire actuel de Hongrie vers l’année 1125. Votre profession était celle de prédicateur, éditeur ou auteur d’inscriptions anciennes.
La synthèse de votre profil psychologique dans votre vie passée :
Personne gênée, timide et calme. Vous aviez des talents de création qui ont patienté jusqu’à ce que cette vie soit libérée. Votre entourage vous juge parfois comme étant quelqu’un d’étrange.
La leçon que votre vie passée a apportée à votre incarnation présente :
Votre principale leçon consiste à développer votre magnanimité et un sentiment de fraternité. Essayez d’être moins attaché à la propriété matérielle et d’apprendre à prendre autant que ce que vous pouvez donner.
05 mars 2009
A propos de la désinformation
Publié sur Rue89 (http://www.rue89.com)
Uckange : l'enfant victime de l'emballement médiatique
Par Bernard Girard
Créé 03/05/2009 - 12:49
"Un enfant de 5 ans poignardant sa grande sœur qui refusait de lui prêter son jeu vidéo. Du pain béni pour des médias qui ont pris prétexte de ce fait divers pour se laisser aller à une sidérante campagne de désinformation dont ils sont malheureusement coutumiers lorsque les enfants sont en cause.
Aujourd’hui, alors que la vérité sur ce drame est connue -c’est la mère qui a poignardé sa fille, avant de faire accuser son enfant- il faut redonner la parole à quelques-uns de ceux qui, tout au long du week-end, avec un manque de professionalisme avéré, un sensationnalisme débridé mais aussi sans doute pas mal d’arrière-pensées politiques, se sont laissés aller à cette caricature d’information.
Bien sûr, pour faire sérieux, il importe de donner la parole à un spécialiste dont le titre où les publications sont gage de compétence. Par exemple, pour le Parisien.fr [1], Michael Stora, psychologue, "spécialiste de l’image et des jeux video", expose doctement son analyse:
"La rivalité entre frère et sœur est courante. La jalousie permet à l’enfant de s’autonomiser. Mais dans cette histoire où le passage à l’acte est extrêmement violent, l’enfant s’est retrouvé dans une position d’envie. Sa sœur est devenue un obstacle. Les coups qu’il lui inflige visent à combler ses désirs."
Une analyse qui prend toute sa saveur lorsque l’on sait comment les faits se sont réellement déroulés. Comment parler de quelque chose que l’on ne connait pas? Michael Stora et ses collègues psy -qui ont repris à n’en plus finir ce thème de l’enfant-roi, qui n’accepte aucune frustration- n’ont pas eu ce genre de pudeur, d’honnêteté. On ne refuse pas un micro qui se tend.
Inévitablement, il fallait s’attendre à ce que ce fait divers, qui, de toutes manières, n’aurait jamais dû quitter la sphère privée, se voit promu en fait de société.
Ainsi, pour M6, chaîne experte dans la fabrication des peurs imaginaires et la dénonciation de la délinquance juvénile [2], "ce drame soulève une nouvelle fois la question de la violence des enfants" et dans l’Express.fr, le psychiatre Serge Tisseron ne craint pas le grand saut [3](ni le ridicule):
"Le drame souligne un problème plus général: des enfants de plus en plus jeunes commettent des agressions de plus en plus violentes (...) Le paysage de la petite enfance change. Et c’est préoccupant."
Des enfants de plus en plus violents, l’enfance qui n’est plus ce qu’elle était... Ce genre d’affirmations gratuites ne rappelle rien à personne?
Des délinquants de plus en plus jeunes et de plus en plus violents, des jeunes qui n’ont plus rien à voir avec ceux de l’après-guerre, n’est-ce pas le fondement du rapport Varinard sur la délinquance des mineurs visant à enfermer des enfants de 12 ans, mesure dont on sait que Dati apprécie "le bon sens"?
Présupposés et conclusions avant faits et analyse
Cette histoire d’Uckange, avec l’exploitation mensongère qui l’a accompagnée nous replonge dans un contexte initié il y a plusieurs années par des rapports et des analyses pseudo-scientifiques (Inserm, rapport Benisti) pleins de contrevérités qui tendent à faire du tout jeune enfant un délinquant en puissance, qu’il faut surveiller comme tel, rapports sur lesquels s’appuie pourtant toute la politique pénale de ces dernières années.
Si un enfant de 5 ans, incapable de supporter la moindre frustration, en arrive à poignarder sa grande sœur, c’est bien la preuve que Dati a raison, que la surveillance et la répression doivent s’exercer dès le plus jeune âge.
Dira-t-on qu’il s’agit là d’un procès d’intention intenté aux médias ou aux "spécialistes" en question? Pour ce qui concerne les médias, il ne fait guère de doute que la peur des jeunes est devenue leur fonds de commerce, c’est un sujet vendeur, largement récupéré par le pouvoir politique.
Les psychologues ou les psychiatres qui se sont exprimés sur cette affaire et desquels on est en droit d’attendre une analyse un peu plus étayée, ont, pour ce qui les concerne, fait preuve non seulement d’une curieuse déontologie mais d’une forme de dialectique qui tend à se généraliser dès lors qu’il s’agit d’enfants: dans la construction de la pensée, les présupposés et les conclusions interviennent avant les faits et l’analyse.
Puisqu’un enfant de 5 ans poignarde sa sœur, c’est bien le signe que l’enfance est de plus en plus violente. Mais lorsqu’il s’avère que l’histoire est entièrement inventée?
On n’insistera pas non plus sur le déferlement bête et méchant, désormais familier sur les forums Internet (notamment ceux des journaux) qui ont accompagné ce gibier de potence de 5 ans, un enfant capricieux, mal élevé à qui auront surtout manqué quelques bonnes paires de gifles, quelques saines fessées.
Un enfant de 5 ans qui voit sa grande sœur poignardée par sa propre mère, arrêté par les gendarmes, voué aux gémonies l’espace d’un week-end, c’est lui, donc, cet enfant injustement accusé, qu’il faudrait frapper. Les Français ont décidément un problème avec leurs enfants mais ce ne sont pas les enfants qui font problème"
04 mars 2009
Ils ont signé !!!!
Aprés 44 jours de grève, l'accord vient enfin d'être signé par Elie Domota, Nicolas Desforges, Victorin Lurel et Jacques Gillot. Demain tout le monde pourra retourner travailler et recommencer une vie normale...
Evidemment ça ne sera pas facile, il y aura des cicatrices difficiles à refermer : 2 morts, 1 blessé dans le coma, des entreprises parties en fumée ou pillées, et beaucoup de ressentiments. Il faudra remonter la pente au niveau financier, rattraper le retard scolaire, mais j'ose croire que ces derniéres semaines n'auront pas été vaines et qu'elles auront été le prélude à une nouvelle vision de la société. La Martinique continue le mouvement, la Réunion commence demain donc...

Reprise ou pas Reprise ?
Telle est la grande question, en ce moment. En effet, ça fait quelques jours que je n'ai pas écrit, car j'attendais de pouvoir vous annoncer la bonne nouvelle : la fin de la grève !!! Mais pour être honnête nous sommes dans un flou total...
Petit point : les éboueurs sont passés lundi (il était temps...), la factrice également, certains magasins sont réapprovisionnés mais Leader est toujours fermé. La bibliothéque ne répond pas, et le collége n'a pas encore repris : ils se sont réunis hier matin et ont prévu une nouvelle réunion ce matin (lol). J'en saurais certainement plus cette aprés-midi...
Donc pour le moment, pas de grands cris de joie, au contraire que de l'attente et du flou...
Je viens d'avoir des infos supplémentaires concernant la reprise des cours au collége du Moule : la décision prise est d'attendre la signature de l'accord par le LKP, la journée du lendemain sera réservée à la rentrée des profs et du personnel. Les enfants reprendront donc le surlendemain. Voilà, il faut donc écouter les infos...
28 février 2009
Il y a 3 ans…
Aujourd’hui est une date importante, je dirais même primordiale dans ma vie. En effet, il y a 3 ans jour pour jour, je me suis jetée dans la vie comme je me serais jetée dans un océan glacial, sans savoir nager et avec pour uniques bouées, la peur et le désespoir. Il y a 3 ans, j’ai assisté à ma propre renaissance…
Mais avant toute chose, je voudrais vous dire que cette lettre a un double objectif :
• un témoignage d’abord pour que celles qui endurent ce que j’ai vécu sachent que rien n’est définitif, aucune vie n’est tracée à l’avance d’une manière rectiligne. Nous avons toutes la capacité de prendre notre destin en main.
• Ensuite, ce texte est également un hommage, un remerciement à celui qui m’a porté à bout de bras et soutenu pendant les 3 dernières années.
Vous en conviendrez avec moi, mais il n’existe pas de matin, où en ouvrant notre journal, en écoutant les médias, nous n’ayons pas le résumé d’un événement en rapport avec la violence, et en particulier de violence conjugale. Le foyer, le lieu dans lequel une femme devrait se sentir le plus en sécurité, devient pour certaines d’entre elles une prison dans laquelle la brutalité est le seul moyen de communication, et cela peut les mener parfois jusqu’à la mort. Personne n’ignore cet état de fait, les campagnes gouvernementales et associatives sont assez nombreuses et explicites pour nous le faire savoir. Mais il existe un autre type de violence dont les traces ne sont pas visibles à l’œil nu, une violence plus insidieuse, sournoise et qui est le plus souvent impossible à prouver : la violence morale. C’est celle-là que j’ai vécu pendant 12 ans, et depuis que je suis partie j’ai pu constater qu’un grand nombre de femmes sont ou ont été dans le même cas que moi.
Comment vous expliquer, ce que peut être la vie dans ces circonstances ? C’est tellement difficile ; mais je vais essayer du mieux que je peux. En fait ce n’est pas une situation qui s’installe du jour au lendemain, ça se fait par petites touches, en douceur, sur plusieurs sujets à la fois. D’abord il y a l’isolement, les ami(e)s (jamais assez biens ou assez intéressants), la famille (mais on n’a pas le temps d’y aller, ou de les recevoir), sans que je m’en rende compte mes relations ont cessé de m’appeler, de me donner des nouvelles, évidemment après c’était « je te l’avais bien dit, tu vois bien que tu ne les intéressais pas… », et un jour je me suis rendue compte que ceux qui venaient nous voir étaient ses anciennes relations, que ce soit amis ou famille. Heureusement il me restait encore les copines de quartier, mes collègues de travail, les autres mamans, mais ça aussi il a finit par s’en occuper. Ensuite, il s’est attaqué à l’érosion totale de ma personnalité, un dénigrement systématique de tous mes actes passés, présents ou futurs. Imaginez une vie, où du matin au soir, 365 jours par an, vous ne vivez que dans la peur permanente de ne pas assez bien faire, d’oublier le petit détail, qui fera de votre journée un enfer, et cela tout en sachant que quoique que vous fassiez ou disiez, ça ne sera jamais parfait comme lui le veut, jamais. Car personne, absolument personne ne peut atteindre la perfection, et cela en dépit de l’énergie dépensée sur ce seul objectif : passer une journée sans cris, sans disputes et sans pleurs. Voilà, quelle a été mon ambition de vie pendant 12 ans : une journée calme ! Et quelle victoire, lorsque j’y arrivais, quel bonheur le soir quand je me couchais après une telle journée, en revanche, la pire des frustrations (en tout cas pour moi), c’était d’entamer la soirée en me disant que c’était gagné, je relâchais mon attention et c’était la catastrophe.
Il faut savoir que le travail de sape est permanent, le but est de « casser » la personne qui est en face et dans cet objectif l’arsenal mis en place est impressionnant pour bien faire passer le message, tu es incapable, moche, inintéressante, inutile et si jamais dans un sursaut de révolte nous tentons de nous défendre, c’est toujours de notre faute ce qui arrive (les insultes c’est de l’humour, c’est pour ton bien que je dis ça, tout le monde pense comme moi…) et au pire il appelle la belle-famille en soutien.
Comme beaucoup dans ce cas là, vous allez me dire pourquoi être restée alors ? Tout simplement car les choses arrivent trop progressivement pour se rendre compte de suite de ce qui arrive. Lorsque j’ai commencé à prendre conscience de ce qui se passait, j’étais déjà tellement démolie au niveau psychologique que j’en étais arrivé à croire vraiment tout ce qu’il disait : je n’étais capable que de « torcher les gniards » et tenir un balai, je n’étais pas capable d’avoir des amis, j’étais une « grosse vache », « bonne à rien et mauvaise en tout » etc… Vers la fin, il tentait même de me faire croire que j’avais un problème et je devais me faire soigner. En plus, j’avais mes enfants, je voulais qu’ils vivent avec leurs deux parents réunis, et puis tout simplement je tenais à mon mari et à mon couple, je croyais toujours en une possibilité que tout s’arrange si je faisais assez d’efforts pour ça. Au final, j’étais totalement sous emprise et je n’avais plus le recul nécessaire pour savoir ce qui était bon pour moi ou pour mes enfants. Pour que j’arrive à sortir de cet engrenage, il m’aura fallu toute une série d’électrochocs (démission d’un travail que j’aimais, déménagement dans un endroit où je n’étais entourée que de son « clan », et finalement les morts à 6 mois d’intervalle de mon père et de mon frère). C’est ainsi que le 28 février 2006, je me suis sauvée de chez moi en emmenant mes 2 enfants, 3 valises et 2 cartables ; un véritable plongeon dans l’incertitude…
Mais, et c’est là que j’en arrive à mon second point, j’ai eu beaucoup de chance : j’avais un ami, un vrai. Le genre d’ami avec lequel il n’y a pas besoin de mots pour se comprendre, un simple regard suffit. Cet ami a été mon voisin pendant 8 ans, jusqu’à ce que je déménage en Bretagne. Mon ex ayant tout fait pour que je rompe le contact avec mes amies femmes, car il pensait qu’elles avaient une influence néfaste sur moi (il est sûr que tous m’avaient déconseillé ce départ prés de ma belle-famille, alors que lui continuerait à vivre à Paris et ne viendrait que les jours de repos), je n’ai finalement gardé le contact qu’avec cet ami. Peu à peu, mon extrême solitude conjuguée aux crises de colère augmentant en intensité à chacun des retours de mon mari en Bretagne, j’ai fini par raconter en détail ce qu’était ma vie. Il m’a écouté pendant des heures, mais pas seulement, il s’est renseigné auprès d’associations : c’est lui qui pour la première fois a mis un mot sur ce que je vivais chaque jour. Il a cherché des numéros de téléphone, m’a poussé à en parler à ma famille, m’a persuadé que je n’étais coupable de rien et m’a soutenu lorsque la situation s’est de plus en plus dégradée. Il a même essayé de discuter avec le père de mes enfants, de lui dire que j’allais mal : rien n’y a fait. Et finalement il m’a conseillé de partir lorsque la situation s’est dégradé au point qu’il a fallut l’intervention des gendarmes. Le 28 février 2006, il avait tout organisé avec mes cousines, mes amies de quartier, il avait prévenu tout le monde et lorsque je suis arrivée à Paris ce jour-là : tout le monde m’attendait. Contrairement à ce que j’avais toujours cru, je n’étais pas seule et c’est ce qui m’a sauvé. Car la pire des choses que vivent les femmes dans cette situation, c’est le manque de soutien et de réseau social, elles perdent tous leurs repères, et elles n’ont personne pour leur en redonner, ce qui fait que souvent on les voit retourner au bercail. Car il ne faut pas croire que partir soit le plus difficile à vivre, non, le plus dur c’est ce qui arrive après.
En effet, il faut savoir qu’en partant j’ai perdu tout ce que j’avais : ma maison et tout ce que je possédais (12 ans de vie, sans compter mes souvenirs d’enfance), mon travail, mon chat (mais il avait déjà été annexé par ma belle-famille), et même des amis. Il a fallu faire mon deuil de tout cela. Mais le plus grave, ce qui m’a mené au fond du gouffre, c’est que j’ai failli perdre mon grand garçon, il s’en est fallu de peu pour que je ne le revois plus jamais. Face à sa détresse je l’avais confié à son père pensant faire pour le mieux. Celui-ci l’a emmené chez ses propres parents, et je n’ai revu mon enfant que 11 mois plus tard, pour finalement le reprendre avec moi 5 mois après, soit 16 mois loin de mon bébé. Il faut être honnête, je me suis littéralement laissée couler. Je suis devenue incapable de faire quoique ce soit et c’est là que mon ami est intervenu, il venait de retrouver un travail avec des horaires décalés, donc il partait bosser, il rentrait, faisait les courses, le ménage, passer des heures à me consoler, et à consoler le plus jeune. J’étais juste capable de m’occuper de Thomas, et d’aller travailler (je refusais de profiter de Bruno). Mais j’ai du démissionner et en attendant de reprendre mon activité d’assistante maternelle, c’est lui qui a tout financer. C’est lui qui a trouvé une avocate digne de ce nom alors que j’étais prête à signer n’importe quoi, il m’a accompagné chez ma thérapeute, il a tout géré pendant des mois, et cela pourquoi ? Par amour tout simplement, car j’ai eu la chance d’être aidée par un homme qui m’aimait. En ce jour anniversaire, cette lettre est un remerciement, non seulement pour toute l’aide qu’il m’a apporté, mais surtout pour cet amour extraordinaire qu’il m’a offert, alors que j’étais dans la pire des situations financière, psychologique et judiciaire. Il n’a pas eu peur, il ne les a pas crus, il les a même empêché de m’emmener lorsqu’ils sont venus en « famille » me chercher, il leur a rabattu leur caquet et tout cela avec un calme olympien. J’ai vraiment eu de la chance le jour où il a emménagé dans l’appartement d’â côté de chez moi…
Maintenant, où j’en suis ? J’ai retrouvé une partie de ma confiance en moi, ce qui m’a permis de me lancer dans de nouveaux projets de vie. D’abord, mon grand rêve d’enfance qui était de partir un jour vivre sur une île (et Bruno a tout lâché pour me suivre). Ensuite au niveau professionnel car j’ai repris mes études afin de devenir psychothérapeute (là encore Bruno me soutient à fond). Et puis, comme je rattrape tout ce temps perdu à ne pouvoir m’exprimer, je fourmille d’idées et de projets qui vont dans tous les sens et qu’il faut évidemment que j’apprenne à trier (crèche, écriture, photos, association…). Ce qui est sûr, et cela depuis que j’ai pris conscience du nombre de femmes dans ma situation, c’est que je veux à mon tour leur apporter mon aide. Je ne sais pas encore exactement sous quelle forme (je suis preneuse d’idée d’ailleurs), mais je veux que mon expérience serve à d’autres…